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Comprendre le Temps de Contact Effectif (TCE) pour l’Immunité des Jeunes Bovins : Explications et soustractions
On parle souvent du concept de Temps de Contact Effectif (TCE) en relation avec l’immunité des jeunes bovins. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement et comment le calculer ? Découvrons-le ensemble.
Qu’est-ce que le Temps de Contact Effectif (TCE) ?
Le TCE représente la durée pendant laquelle les jeunes bovins sont réellement en contact avec, ou plus précisément, ingèrent des larves infestantes (stade L3) de strongles digestifs. On pourrait croire que cette durée correspond au temps que ces animaux passent dans les pâturages, de leur première sortie jusqu’à leur retour à l’étable. Cependant, ce n’est pas aussi simple.
Un TCE Minimum de 6 Mois pour une Immunité Optimale
Il est généralement recommandé que les jeunes bovins soient en contact avec ces parasites pendant au moins 6 mois pour développer une immunité efficace. Ce contact prolongé sur une période de 6 mois permet d’optimiser leur système immunitaire. Ainsi, lorsqu’ils sont exposés à des larves infestantes l’année suivante, leur réponse immunitaire est rapide et robuste, facilitant ainsi la gestion des pâturages pendant leur deuxième année.
Le TCE doit être d’au moins 6 mois pour garantir une immunité adéquate pour l’année suivante. Bien que cela puisse sembler simple en théorie, la réalité est un peu plus nuancée.
Introduction au Temps de Contact Théorique (TCT) pour une Immunité Efficace chez les Jeunes Bovins
Pour obtenir un calcul plus précis du Temps de Contact Effectif (TCE), j’introduis un concept supplémentaire : le Temps de Contact Théorique (TCT). Le TCT représente la durée totale pendant laquelle les animaux sont en pâturage.
Un Exemple Concret
Prenons l’exemple de mes génisses ou de mes jeunes mâles (aucune discrimination ici !). Ils sortent le 1er avril et rentrent le 30 octobre, ce qui donne un TCT de 7 mois. À première vue, on pourrait penser que ces jeunes bovins sont parfaitement immunisés pour l’année suivante.
Une Nuance Importante
Mais comme le dit un proverbe Quechua, « Calmes toi loco wayna allqu chupanta kanispa » (traduction en fin d’article) ou plus simplement » Calmos, c’est pas si simple » . C’est pourquoi j’ai pensé à ce concept le Temps de Contact « Théorique » et que je l’ai nommé ainsi. Ce temps théorique est donc le temps que les jeunes de première année vont passer dehors, à mettre le nez dans l’herbe (légale je vous rassure). Un TCT de 7 mois ne garantit donc pas nécessairement un TCE de 6 mois !
Les Facteurs à Prendre en Compte
Pour obtenir le TCE réel, il faut soustraire du TCT les périodes pendant lesquelles les animaux ne sont pas en contact avec les parasites.Ils sont dehors MAIS les parasites ne sont pas là ou peu présents et/ou peu infestants. Donc le contact ( et le temps de contact effectif) est fortement réduit entre l’hôte et son parasite. Donc l’immunité moins stimulée. Cela inclut les périodes de temps chaud et sec (température extérieure supérieure à 25°C sans pluie) et les périodes de vermifugation.
L’Équation du TCE
On peut donc établir l’équation suivante : TCE=TCT−Temps Chaud et Sec−Antiparasitaires
Et comme le disait mon professeur de mathématiques, « les maths vous seront utiles tous les jours de votre vie ». En effet, dans ce contexte, il avait raison !
Ce Qu’on Va Soustraire et Comment ?
Soustraction des Périodes Chaudes et Sèches
Commençons par les périodes de temps chaud et sec, où la température dépasse les 25°C et les précipitations quasi nulles. Ces conditions ne sont pas favorables pour les parasites, en particulier les larves L3 infestantes présentes dans les pâturages.
Dans ces conditions, les larves perdent leur mobilité, ne parviennent plus à émerger des excréments, épuisent leurs réserves et finissent souvent par mourir de dessèchement. De plus, l’herbe devient plus rare en période de chaleur et de sécheresse, ce qui nécessite souvent un affouragement supplémentaire en prairie.
L’importance de l’affouragement réside dans le fait qu’il limite considérablement l’ingestion de larves infestantes, car les animaux broutent moins d’herbe.
Il est donc crucial de soustraire du TCT ces périodes chaudes et sèches. On peut raisonnablement estimer qu’aujourd’hui, entre la fin du printemps et la fin de l’été, il y a environ 5 à 6 semaines de temps chaud et sec. Cependant, il faut rester prudent, car ni la météo ni la parasitologie ne sont des sciences exactes.
Pour simplifier, disons que nous avons 6 semaines de temps chaud et sec. Ainsi, le TCE serait calculé comme suit :
C’est un peu court, surtout quand on considère que nous n’avons pas encore pris en compte le temps de non-exposition dû aux traitements antiparasitaires.
Soustraction des Temps d’Exposition aux Antiparasitaires

Pour une vermifugation efficace, il est vivement recommandé de réaliser une coproscopie avant et après le traitement, ainsi qu’une pesée des animaux pour adapter les doses. La vérification de l’efficacité du traitement se fait généralement 10 jours après pour les Benzimidazoles et Levamisole, et 15 jours pour les Ivermectines et Moxidectine.
Il est crucial de soustraire du TCE le temps de rémanence de la molécule antiparasitaire utilisée, c’est-à-dire la durée pendant laquelle elle agit contre les parasites dans l’organisme de l’animal.
Molécules à Faible Rémanence
Si vous utilisez un Benzimidazole (voie orale) ou un Levamisole (voie orale ou injectable), le temps de rémanence est très court, généralement d’une journée.
Donc très peu d’incidence des molécules rémanentes sur le Temps de Contact Effectif ( TCE) et donc sur l’installation de l’immunité des jeunes animaux. C’est pour cela qu’on privilégiera ce type de molécules sur la saison de pâture.
Bolus à Libération Séquentielle
Le bolus Oxfendazole est intéressant. Il libère 6 doses toutes les 3 semaines jusqu’à 130 jours. Entre les doses, il n’y a pas de produit, donc le TCE n’est pas trop affecté. Comme le produit n’est pas rémanent (1 jour), on ne déduira que 6 jours du TCE :
Cette solution peut être intéressante sur les premières années de pâture, mais il ne faut pas l’utiliser tous les ans. Effectivement
l’apparition des résistances se fait parce qu’on utilise mal les molécules ( sous dosées, utilisation en Pour on ou longue action , sur des animaux trop maigres ) ou parce qu’on les utilise trop souvent , de façon systématique. Il faut savoir que les parasites développent des mécanismes de résistance aux antiparasitaires dès le premier contact avec celui ci …
Molécules à Forte Rémanence
Si elles semblent bien pratiques ( 1 injection et on est tranquille pendant 4/5 semaines ) , ces molécules réduisent considérablement l’installation de l’immunité des jeunes si utilisés à tort et à travers durant la saison de pâturage. On peut les utiliser bien sûr , mais en connaissance de cause : moindre immunité lorsque les animaux sont traités pendant la saison de pâture et effet délétères importants sur l’entomafaune – bousiers, vers de terre, mouches et sur la vie du sol. Ces molécules restent plusieurs semaines dans les bouses . Donc un animal qui relargue dans ses bouses de l’antiparasitaire pendant 4 semaines = une prairie avec des bouses qui ne se dégradent pas !! Et des milliers de morts parmi les insectes … L’utilisation en fin de saison après un dosage de pepsinogène est souvent plus adéquat. Evitez également les formes Pour On, premières pourvoyeuses de résistances aux antiparasitaires ( sous dosage et sous absorption par la peau)
Bovins de première année de pâture : Faites un dosage Pepsinogène !
Ivermectine et Eprinomectine
Ces deux molécules ont une rémanence de 4 semaines.
On réduit donc le TCE de 4 semaines. Dans mon exemple avec une durée de sortie à l’herbe de 7 mois ( TCT Temps de Contact Théorique) , on se retrouve finalement avec un TCT de 4.5 mois seulement. Pas idéal pour l’immunité.
Doramectine et Moxidectine
Ces molécules ont une rémanence de 5 semaines.
TCE de 4 mois et 1 semaine . Encore moins idéal…
Moxidectine Longue Action
Cette molécule a une rémanence de 120 jours, soit 4 mois.
Extrêmement défavorable pour l’immunité, sans parler des risques de résistance et d’impact sur l’entomofaune.
Stratégies pour Optimiser le TCE
Si vous utilisez une molécule à forte rémanence en début d’automne, cela réduira encore plus votre TCE. Il est donc conseillé d’alterner entre molécules à faible et forte rémanence pour minimiser l’impact sur l’immunité des jeunes animaux.
Même en ajustant les dates de sortie et de rentrée des animaux, atteindre un TCE de 6 mois n’est pas une tâche aisée. Par exemple :
Vous êtes proche, mais ce n’est pas encore assez long !
Conclusion

Pour gérer efficacement le parasitisme et permettre aux animaux de développer une bonne immunité, il est crucial de choisir judicieusement l’antiparasitaire à utiliser, en tenant compte des coproscopies et des pesées régulières, et toujours avec la notion de TCE à l’esprit.
Calcul du TCE : Une Formule Simple
Calculer le TCE pour optimiser l’immunité des jeunes bovins sortant pour la première fois en pâture est en réalité assez simple. Il est conseillé de sortir les animaux tôt, de les rentrer tard et d’appliquer des traitements antiparasitaires ciblés, sélectifs et calculés.
Les Avantages d’un Bon TCE
Un bon TCE pour les animaux en première année de pâture signifie moins de soucis pour l’année suivante.
À Vos Calculatrices !
Alors, à vos TCE, prêts, calculez !
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PS – Traduction : « Jeune chien fou qui court après sa queue »


