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NOUVELLE EPIZOOTIE : LA DERMATOSE NODULAIRE CONTAGIEUSE DES BOVINS

Publié par Sebastien le

NOUVELLE EPIZOOTIE : LA DERMATOSE NODULAIRE CONTAGIEUSE

Comme c’était prévu, une nouvelle maladie émergente fait son apparition sur le territoire français. On s’attendait à un autre variant FCO et c’est la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) qui a fait son apparition. Cette maladie découverte en Afrique est arrivée aujourd’hui en France. Le concept de maladie émergente n’a jamais été aussi prégnant que ces 2 dernières années. Avec le réchauffement climatique et l’accélération des échanges commerciaux (qui aggravent le premier), d’autres soucis risquent de se présenter dans nos élevages. Un point sur ce nouveau fardeau et une tentative de conseils pour tenter d’en limiter les conséquences.

Origine :

La maladie est connue depuis 1929 en Afrique Sub Saharienne (1° cas détécté en Zambie alors appelée Rodhésie du Nord).

Elle a gagné d’autres pays d’Afrique entre les années 30 et les années 80. On la retrouve en 1988 en Egypte , pays d’Afrique du Nord. Elle arrive en Turquie en 2013 et dans les Balkans ( Bulgarie et Grèce ) en 2015, premiers cas en Europe. Elle provoque des épidémies importantes en 2016/2017 en Serbie, Macédoine, Albanie et au Monténégro.2022 premier cas en Amérique du Sud en Guyane Française, et elle se propage en Asie du Sud Est (Inde ,Thaïlande , Vietnam ) depuis 2023.

Elle est très présente en Afrique du Nord (Tunisie et Algérie) depuis2024.

Elle a été détectée en Sardaigne en le 21/06/2025 puis en Lombardie (Italie) le25/06/205 et confirmée en Savoie le 29/06/25. Un second foyer est suspecté en Savoie , en attente des résultats d’analyses.

 

La maladie est due à un Poxvirus, proche de la famille du virus de la clavelée ovine.

Maladie virale transmise par les mouches mordeuses (type stomoxes) , taons, et les culicoïdes sont également suspectés. Les tiques sont parfois évoquées dans la littérature mais plus comme hôte réservoir que comme transmetteurs.

La vitesse de propagation de proche en proche (insectes piquants différents animaux) serait de 8 km/jour (sans vent)

Bien sûr beaucoup plus vite lors de transport d’animaux – premier facteur de propagation de ces maladies.

Lors de l’épidémie dans les Balkans et la propagation en Turquie s’est faite surtout par des mouvements d’animaux.

Pour le passage en Sardaigne, le passage d’insectes au-dessus de la Méditerranée est plausible, comme pour la FCO – Les mouches peuvent parcourir des distances de plus de 300 km avec de vents forts orientés Sud/Sud Est – le Sirocco notamment qui souffle au printemps( Avril à juin )  . La distance minimale Algérie Sardaigne est de 250km.

 

Le réchauffement climatique joue un rôle prépondérant dans la propagation de ces maladies car les vecteurs (arthropodes piqueurs ) aiment la chaleur et l’humidité. Ce que nous avons eu au mois de Juin. Ils rencontrent donc des conditions idéales pour se reproduire et moins de conditions défavorables en hiver qui pourrait limiter leur prolifération. On les voit aussi plutôt et plus longtemps dans la saison, ce qui amplifie le risque de propagation. On rencontre aussi maintenant ces vecteurs même en altitude (températures moins froides ) puisque des cas de FCO et Dermatose ont été constatés même à 2000 m d’altitude. Alors qu’on pensait que celle-ci limiterait les insectes et donc la transmission.

 

Les fortes chaleurs jouent également sur l’immunité des animaux. On sait qu’au-dessus de 20°C, les vaches commencent déjà à ressentir de l’inconfort. Alors au-delà de 30°C, elles ont vraiment beaucoup de mal. Et tout stress a un effet négatif sur l’immunité. L’adrénaline et le cortisol libéré lors de stress dérégule les processus immunitaires. Si un épisode viral passe par là, le terrain est déjà en quelque sorte préparé pour favoriser la multiplication du virus.

Reconnaître les signes de la maladie :

C’est une Maladie contagieuse à déclaration obligatoire. Dès qu’elle sera suspectée les mesures de protection seront prises.

Je vous mets la fiche du GDS pour « reconnaître » les signes et en cas en doute prévenir rapidement votre vétérinaire.

Les Signes ( sources bulletin Epidemiologique santé animale et alimentation n°82 Janvier 2018 /GDS/Agriculture.gouv )

 Période d’incubation de 4 à 14 jours

Les sources du virus sont les sécrétions, les nodules, les larmes, le sperme

Comme dit plus haut , la transmission se fait surtout par les mouches type Stomoxes , et d’autes insectes piqueurs sont suspectés. La transmission directe ( d’animaux à animaux ) serait aussi possible.

Les signes cliniques principaux sont :

L’hyperthermie (> 40°C) parfois pendant 2 semaines

La dépression, une perte d’appétit

Les signes les plus caractéristiques sont donc cutanés :  zones de poils hérissés d’abord puis apparaissent des nodules cutanés fermes, arrondis, d’un diamètre compris entre 0,5 et 5 cm. Ils sont souvent très nombreux (plusieurs centaines) et sont essentiellement répartis sur l’encolure, le dos, les cuisses, le périnée, la vulve et autour des naseaux. Les nodules peuvent s’ulcérer et souvent, ils se nécrosent : la peau morte tombe et laisse un ulcère profond.Cette maladie occasionne donc des dégâts irrémédiables aux cuirs et peaux.

Du larmoiement

Du jetage – rhinite

Du ptyalisme – les animaux bavent

Des boiteries

Des oedèmes des membres

Des ulcères de la muqueuse des yeux et de la bouche voire de la trachée

Les animaux arrêtent de ruminer et météorisent.

Des complications pulmonaires sont également rapportées

Certains cas présentent de la diarrhée.

Pour une partie des cas cliniques, des signes généraux (boiterie et oedème des membres) sont observés avant l’apparition de nodules.

La morbidité (contagion ou nombre d’animaux malades dans l’exploitation) se situe dans une fourchette très large allant de 5% à 100 % .

La mortalité se situe entre 1 et  40% selon les articles … Pas facile de savoir

Dermatose Nodulaire Contagieuse : fiche réflexe pour les éleveurs bovins

dermatose veau nodules

nodule mamelle et yeux

Diagnostic :  

Sur l’animal vivant : il convient en première intention de réaliser des biopsies de nodules cutanés (2 à 4 nodules) et de prélever du sang (EDTA) en particulier au cours de la phase fébrile de la maladie et, le cas échéant, les sécrétions lacrymales, nasales et orales par écouvillonnage en fonction des signes cliniques observés (épiphora, jetage, ptyalisme…) au tout début de la maladie.

Les prélèvements de sang sur tube sec (collection du sérum) pour analyse sérologique sont intéressants pour des foyers anciens (au-delà de 15 jours) et de ce fait, ne sont pas réalisés en première intention.

Les prélèvements doivent être conservés à sec (nodules, tissus) ou en milieu de transport pour virus avec PBS et antibiotiques (écouvillons). L’ensemble des prélèvements (tissus, sang, écouvillons) doit être acheminé au laboratoire sous couvert du froid (+ 4°C, glace) et conditionnés avec toutes les précautions d’usage (triple emballage) pour éviter la dissémination du virus.

Tout cela est réalisé par votre vétérinaire sanitaire.

Si l’animal venait à mourir, des prélèvements sur organes internes (poumons, tractus digestif, ganglions…) sont effectués sur les nodules présents.

Prévention préconisée (mais pas facile facile) : 

Lutte contre les mouches 

C’est ce qui va être préconisé par les autorités probablement – comme lors de la FCO – sans en mesurer les conséquences sur l’entomofaune …

Mais on peut utiliser des systèmes innovants avec des produits moins toxiques. La protection ne sera bien sûr pas de 100%

RIDEAU APPLICATEUR REPULSIF INSECTES PIQUEURS POUR BOVINS OVINS CAPRINS PORCS CHEVAUX

INSECTAN Insectifuge Répulsif Bovins Ovins Caprins Mouches Culicoïdes Tiques 5 litres

BIOCARE Huile de Neem Hydrosoluble Répulsif Insectes Piqueurs 5 litres

Renforcer l’immunité : Oligo éléments et vitamines, Cures de Chlorure de Magnésium, cures de Sel Iodé . L’immunité est indispensable face à ces attaques virales, c’est le première chose à prendre en compte avant même les mesures de type vaccination ( et de toute façon, vacciner des animaux sans immunité ne sert à rien) , de desinsectisation ( pas si efficace que cela) , de mise à l’abri et autres préconisations…

 Limiter le stress thermique : eau en quantité et à bonne température ( vérifier les bacs et les tuyaux PET noirs peuvent chauffer très très vite ) , mettre à l’ombre et ne faire sortir que la nuit ( mais efficacité discutable et pas facile à mettre en place) , complémenter en chlorure de Magnésium et Sel ( perte de Magnésium et Sodium via la transpiration)

Pour ceux qui pratiquent l’aromathérapie : Olfactothérapie avec Ravintsara , Cannelle Ecorce de Ceylan, Thym Linalol, Eucalytpus Citronné entre autres  

 Le soutien du microbiote avec les Micro Organismes Efficaces est aussi une piste pour favoriser l’immunité des animaux.

La graine de lin non traitée – entière – pourrait agir en modifiant la teneur en Omega 3 et les composés volatils modifieraient l’attraction du sébum pour les insectes. Les lignanes contenues dans cette même graine auraient des propriétés immunomodulatrices via les composés phénoliques.

 La tisane d’Armoise a aidé des éleveurs lors du passage FCO l’année dernière en prévention dans l’eau de boisson ;

Un vaccin homologue existe mais pour le moment on ne connait pas la dispo en France et tout dépendra de l’Etat …

Les mesures sanitaires prises en cas de contagion :

Dépeuplement du cheptel ( on ne dit plus abattage plus politiquement correct )

Zone de protection de 20 km de diamètre – pas de mouvements d’animaux 

Zone de surveillance de 50 km 

Les mesures européennes lors de déclaration de maladie à déclaration obligatoire sont: 

Le zonage sanitaire (protection, surveillance) donc idem

La restriction des mouvements d’animaux ET de produits animaux, y compris le lait cru.

Ce qui explique l’arrêt des livraisons de lait cru, bien que ce lait ne représente aucun danger pour la santé humaine … Mais le virus pourrait s’y trouver et se propager via cette voie selon les autorités ( ?? ).

CONCLUSION

Pour ceux qui n’y croyaient pas, le réchauffement climatique est bien là, au vu des records de températures que nous avons subi ces derniers temps.
Et l’émergence de nouvelles épizooties sur l’ensemble de la planète n’en est qu’une conséquence que nous n’avions pas mesurée ou tenté d’ignorer. Les insectes transmetteurs sont plus nombreux, survivent plus longtemps, les températures sont plus favorables au développement des virus,et les animaux sont plus sensibles étant déjà en stress thermique …

Pour contrer tout cela, on va prendre des mesures drastiques – « dépeuplement » et vaccination de masse – jusqu’à la prochaine épizootie.En promettant bien sûr une aide aux éleveurs, aide qui aura sûrement du mal à arriver jusqu’à eux et deviendra inexistante l’année suivante alors que la maladie sera toujours là.

Et il encore temps de prendre le problème à la racine et tenter de limiter ce réchauffement ? Favoriser l’élevage agrorésilient – mais de loin pas le seul responsable du chaos – la vie du sol, les énergies propres , limiter les échanges et les voyages inutiles dans l’espace …

L’arrivée de cette maladie assez impressionnante et violente ne porte pas à l’optimisme, et les politiques environnementales menées dans certains pays dont la France n’arrangent rien.

Mais comme dit le vieil adage, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Et comme on disait dans la cour de récré « L’espoir fait vivre »

 

 

 

 

 

 

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